Certaines banques nationales et d’états ont-elles la fièvre de l’or ?

S’il est vrai que les fans de l’or ne sont pas toujours rationnels, cela n’est pas probablement le cas des banques centrales, dont les achats en métal jaune l’année dernière ont été les plus élevés depuis que les États-Unis ont rompu le lien entre l’or et le dollar en 1971.

Pour ces institutions, c’est moins un pari que à court terme que les prix des métaux précieux vont  augmenter, mais plutôt une crainte que la domination du dollar pourrait progressivement s’érodé.

Les banques centrales ont acheté 651,5 tonnes d’or en 2018, soit le deuxième total annuel le plus élevé jamais enregistré, en hausse de 74% par rapport à l’année précédente, selon le World Gold Council. Comme au cours des trois dernières années, le Kazakhstan, la Russie et la Turquie ont été des acheteurs importants, mais des pays comme la Hongrie, l’Inde et la Pologne se sont joints à l’année dernière.

Les gestionnaires de réserves de change officiels ont tendance à être très discrets.

La Hongrie a toutefois expliqué en octobre qu’elle avait décuplé ses réserves d’or pour des raisons de stabilité à long terme plutôt que pour des considérations d’investissement à court terme. La banque centrale de Hongrie a également dit que le métal précieux était en quantité limitée et ne comportait aucun risque de crédit ou de soi-disant contrepartie, car il ne s’agissait pas d’une créance sur un établissement ou un pays spécifique.

Une telle réflexion peut sembler être une des raisons pour lesquelles les investisseurs individuels achètent et stockent de l’or: ils sont terrifiés à l’idée de détenir des actifs supposément plus risqués, comme des actions et des obligations. Avec les tensions géopolitiques qui sévissent par moment, ce serait compréhensible.

Mais les banques centrales ont deux raisons plus importantes d’acheter de l’or:

L’une des préoccupations concerne l’utilisation par les États-Unis de la domination du dollar dans le système financier mondial pour exercer leur autorité. 

L’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne ont tenté d’ouvrir un nouveau canal de paiement pour le commerce avec l’Iran, car il est aberrant que les européens doivent obéir a l’hégémonie du dollar américain dont Donald Trump semble friand. Même si cela réussi, il ne pourra probablement pas contrarier de manière significative les sanctions des États-Unis contre la République islamique.

Il ne faut donc pas se demander pourquoi le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, veuille promouvoir l’euro en tant que monnaie mondiale ! Et est plutôt agacer de devoir d’accepter des étiquettes de prix en dollars pour les avions, l’énergie et d’autres biens.

La montée de la Chine est encore plus importante. 

Son économie représente près d’un cinquième du produit intérieur brut mondial et plus d’un dixième du commerce mondial, mais sa monnaie représente moins de 2% des réserves de la banque centrale, comme le souligne le Forum des institutions monétaires et financières officielles.

Les gestionnaires des réserves ne savent peut-être pas combien de temps il faudra à la monnaie chinoise, ou à l’euro, pour grignoter la prééminence du dollar. Mais ils prennent de petites mesures de précaution pour diversifier leur exposition au dollar.

L’augmentation des réserves d’or des banques centrales est donc loin de l’enthousiasme aveugle généralement associé à la fièvre de l’or.

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