Les péripéties du projet de la méga-mine d’or française en Guyane

Alors qu’au niveau de l’état français, on trouvait les documents fournis insuffisants, voire mensongers. Nicolas Hulot, du temps où il était ministre était radicalement opposé au projet.

Et tel qu’il était présenté, François de Rugy ne semblait pas plus accommodant peut après sa prise de fonction pendant l’été.

Après les 14 audiences publiques qui ont duré cinq mois, le rapport de la Commission nationale avait pointé, en septembre dernier, de nombreux points de crispation, notamment autour des questions environnementales. La commission  avait décrit une série de mesures à prendre par le joint-venture du projet « Montagne d’Or », où Columbus, basé au Canada, détient une participation de 44,99% et celle du russe Nordgold est de 55,01%, afin que le projet continue à avancer.

montagne d'or Guyane
montagne d’or Guyane

Bien que confronté à un processus d’évaluation complet et le fait que le gouvernement français a formé un comité spécial pour évaluer en détail les avantages sociaux et économiques et les impacts de l’industrie minière de l’ or en Guyane française, le mineur canadien Columbus gold (TSX: CGT) a publié le vendredi 16 novembre sur son projet aurifère appelé « Compagnie Montagne d’Or ». 

« Des changements importants,  pour répondre aux inquiétudes relevées lors du débat public et plus particulièrement celle autour des questions environnementales »   a insisté Pierre Paris, le président de la CMO. Colombus gold avait fait dans ce sens une déclaration le 1 er novembre et ensuite dans une déclaration de presse du 20 novembre Columbus Gold déclare qu’il devient signataire du Code international de gestion du cyanure et fournit des éclaircissements sur la législation de l’Union européenne en matière d’utilisation du cyanure dans les mines d’or.

 

 

 

La Montagne d’Or est composée de huit concessions minières et de deux permis d’exploration exclusifs, couvrant une superficie de 190 kilomètres carrés. Elle est située à proximité de la ville de Saint-Laurent-du-Maroni, dans le nord-ouest du département français. Les réserves prouvées et probables ont été estimées à 2,75 millions d’onces d’or soit 85,5 tonnes pour une extraction de  54,11 millions de tonnes de minerai à une teneur d’or de 1,58 gramme par tonne.

De telles stratégies impliquent l’amélioration de la transparence du projet; éviter de sous-estimer les valeurs culturelles; être plus précis sur la définition des mesures de gestion des risques environnementaux ; tester, chaque fois que possible, plusieurs options sur des éléments sensibles du projet; l’obligation de prendre en compte les recommandations du Bureau de la recherche géologique et minière Français; et hiérarchiser les options qui minimisent les risques et les impacts.

Le joint venture “Montagne d’Or” a maintenant jusqu’au 7 décembre 2018 pour déclarer au Journal officiel son intention de procéder aux demandes de permis pour développer le projet aurifère en tenant compte de ces recommandations.

Le temps de boucler les études et les budgets de ce remodelage, le délai de dépôt des demandes de permis d’exploitation est rallongé de « 12 à 24 mois », selon Pierre Paris. Il se dit aussi « confiant » pour un feu vert de l’État. D’ici là, la mission ministérielle sur l’extraction minière en France devrait rendre ses conclusions.

Un meilleur contrôle du Cyanure.

Parmi les grands axes de modifications, l’opérateur russo-canadien est revenu sur le cyanure, qui est utilisé pour extraire l’or de ses impuretés.

« Notre société vient d’adhérer au Code international de gestion du cyanure. Cela signifie une sécurisation du transport et de la gestion extrêmement réglementée avec des audits de conformité réguliers réalisés par des organismes indépendants. »

Le parc de stockage des résidus de boues sera également repensé avec une hausse de sa surface. Et, surtout, la hauteur des digues sera revue à la baisse, afin d’éviter leur rupture. C’est ce qui s’était produit au Brésil lors d’un accident industriel.

L’énergie solaire privilégiée.

« L’énergie est l’autre grande modification. Plus question de ligne électrique construite sur le site ni de connexion au réseau guyanais, nous produirons sur place une énergie renouvelable, essentiellement solaire. »

Au rang des autres efforts écologiques, ont été annoncées comme l’étude du contournement routier de l’agglomération de Saint-Laurent-du-Maroni, ainsi que la réhabilitation forestière des sites déboisés.

Vers un partage du Capital

Pour que ce projet de mine d’or profite au territoire, la CMO réfléchit toujours à la création d’un Fonds de développement et de diversification de l’économie guyanaise. Et la réflexion sur l’ouverture au capital de la CMO aux collectivités territoriales et à des acteurs économiques locaux est encore en cours. Côté emploi, une priorité sera donnée à l’embauche des populations autochtones.

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