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Au temps des Romains, les poudres à lessiver n’existait pas et on se servait d’ammoniaque extraite d’urine fermentée pour redonner aux vêtements l’éclat du neuf. L’empereur Vespasien (69-79), soucieux de s’assurer quelques rentrées supplémentaires, leva un impôt sur les urinoirs.

 

Lorsque son fils Titus lui en fit le grief, l’empereur lâcha cet aphorisme resté célèbre: «pecunia non olet» (l’argent n’a pas d’odeur). Cet article vous présente les principales étapes de l’histoire de la monnaie. 

La monnaie primitive


[animate type= »fadeIn » delay= »2″] p19ts9gsb81rajjvl7v3eo85n4[/animate]Les Grecs et les Romains de la Haute Antiquité, réglaient leurs transactions en prenant le bœuf comme unité de référence (pecus en latin signifie troupeau, d’où le mot français « pécuniaire »). D’autres peuples utilisaient le sel, des coquillages, des perles et bien d’autres objets. Mais ce type de moyen d’échange s’avérait beaucoup moins indiqué pour les commerçants voyageurs.

Ces derniers avaient besoin de moyens d’échange partout acceptés, pas trop volumineux et, surtout, non périssables. Le sel était très prisé, appréciée et facteur de richesse, étalon de valeur et moyen de paiement. Au XIVe siècle, quarante barres de sel valaient une barre d’or. Le sel et le bétail ont laissé des traces dans notre langage. Salaire et solde font référence au mot sal (sel en latin), et le mot anglais fee (pourboire, indemnité) a la même racine que le mot néerlandais vee, qui signifie bétail.

Il s’agit là de monnaies dites primitives. La monnaie primitive a en effet survécu jusqu’il y a peu dans quelques régions du monde, par exemple sous la forme de fils de cuivre dans le centre du continent africain, ou encore de cigarettes en Europe occidentale durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Les pièces de monnaie


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p19v0f6t00ci8cf3dcr1dhb1iv7[/animate]A l’époque où la Chine créa sa monnaie, le phénomène apparut en Occident, plus particulièrement en Lydie où le Pactole et l’Hermos brassaient des sédiments précieux : un alliage naturel d’or et d’argent nommé électrum. La présence de petites quantités de métal vil comme le plomb et la variation du rapport or/argent (40 à 60 %) ne facilitait pas la détermination de leur valeur. On tenta de séparer les métaux. Les premières pièces d’or et d’argent firent leur apparition sous le règne de Crésus, dernier roi de Lydie (environ 560-547 av. J.-C.). 

L’usage de la monnaie se répandit ensuite largement en Perse, dont la darique d’or (du roi perse Darius) se hissa au rang de monnaie internationale.

Dans le monde grec, au VIe et au Ve siècle av. J.-C., les chouettes athéniennes en argent (tétradrachmes) dominaient le marché monétaire. Alexandre le Grand uniformisa la circulation avec le statère d’or aux traits de Pallas Athéna et le tétradrachme figurant Héraclès.

Sous ses successeurs apparut la monnaie à portrait : les dieux et déesses classiques furent bientôt accompagnés du portrait idéalisé d’Alexandre. Aux alentours de 305 av. J.-C., le souverain égyptien Ptolémée Ier Soter mit en circulation une série de pièces à son effigie. À Rome, Jules César fut le premier à apparaître de son vivant sur une pièce de monnaie.

 

Du bronze au cuivre, à l’argent et à l’or en poids et mesures.

Les premières pièces de monnaie romaines étaient des didrachmes en argent d’environ 7,5 g. Ce n’est qu’en 211 av. J.-C. qu’ils optèrent pour le denier (4,5 g) portant une Roma casquée sur l’avers et les Dioscures sur le revers. Cette pièce devint leur unité monétaire de référence et eut un succès considérable. Les monnaies romaines furent généralement d’un titre élevé en métal précieux. Les pièces en or atteignait 95 % ou plus. Sous la République, cette teneur élevée fut aussi d’usage pour les pièces d’argent. Mais elle se dégrada lentement sous l’Empire, pour revenir à son niveau le plus bas vers 270, avec un antoninien «d’argent» qui ne contenait plus que 2% de métal précieux.