Pourquoi le Rhodium a grimpé à 220 Millions d’euros la tonne ?

29 mai 2015
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Le cours du Rhodium se situe aujourd’hui entre 32000 et 35000 $ le kilo, juste en dessous de celui de l’or. Il fut un temps ou ce métal hors du commun culminait à plus de 300 000 $ le kilo, soit 10 fois plus qu’aujourd’hui !

 

Issu de la famille des métaux du groupe Platine, il est 100 fois plus rare que l’or.

En 2008, le Rhodium a atteint le seuil historique des 321 000 $ le kilo, lui faisant alors décrocher la palme du plus cher métal précieux jamais connu. Aussitôt après, son cours a dégringolé, le rendant alors très volatile.

Pourquoi le Rhodium a t’il donc été aussi cher et comment expliquer ces fluctuations foudroyantes ?

 

 Un métal très rare et difficile à extraire.

 

ll n’existe pas de mines de rhodium a proprement parlé. C’est simplement un sous-produit issus de l’extraction des mines de platinoïdes (platine, palladium, rhodium, osmium, ruthénium et iridium).

Sa production annuelle est extrêmement limité. Environ 25 tonnes par an (contre 2350 tonnes pour l’or). Moins de 10 mines dans le monde extraient de manière significative ce métal. Les principales étant situées en Afrique du Sud, ce pays fournit à lui seul plus de 80% de la demande mondiale. Vient ensuite la Russie avec environ 8%.

Son extraction demande énormément d’équipements et d’énergie. Une part de la production de rhodium s’oriente donc peu à peu vers la filière de recyclage des pots catalytiques.

 

Un équilibre entre l’offre et la demande très difficile.

 

Métaux du groupe Platine dans un échantillon de minerai de métal.

Le rhodium trouve sa principale application dans l’industrie automobile (80 à 90%). Utilisé dans la fabrication des pots catalytiques (associé au Platine et au Palladium), il permet de réduire la nocivité des gaz dégagés par les pots d’échappement. On l’utilise aussi en tant que matériel de finition en joaillerie.

On le retrouve également dans les thermocouples type S et dans les catalyseurs, utilisés dans l’industrie chimique notamment pour la fabrication du pétrole et le craquage des acides. De plus, les contraintes environnementales actuelles soutiennent la demande. Cela n’est pas un hasard si le Japon en est le premier consommateur pour ce type d’application.

Lorsque les quantités de rhodium produites (ou les capacités à l’extraire) sont faibles, et que donc l’offre ne peut pas répondre à la demande mondiale, alors le prix du métal augmente drastiquement. De même dans le sens inverse, lorsque la demande augmente beaucoup plus en proportion de la quantité de rhodium pouvant être produite. Son cours chutera ensuite aussi vite que la demande se relâchera. La faiblesse actuelle du marché automobile explique donc la faiblesse des cours des métaux du groupe Platine.

 

Et la spéculation sur le métal dans tout ça ?

Comme vous l’aurez comprit, le Rhodium est donc intimement lié à l’évolution du marché automobile. Le graphique ci-dessus en témoigne.
Après avoir flambé au dessus des 9000$ l’once, la crise financière de 2008 a frappé de plein fouet le marché automobile. Le rhodium a donc subit le même sort, en perdant en seulement quelques mois plus de 90% de sa valeur pour retomber à 760 $ l’once.

Ce fait est expliquable par les circonstances géopolitiques en Afrique du Sud. Les grèves et les conflits sociaux dans les centrales électriques du pays en 2008 ont provoqué un stress et une peur de pénurie du métal, contribuant à tirer le cours du Rhodium vers le haut (Du fait du caractère « énergivore » de l’extraction des PGM et de l’essor du marché automobile la même année). Tout comme la grève de l’Association des travailleurs des mines, réclamant une hausse de leurs salaires.

Le cours du Rhodium est fixé seulement deux fois par jours sur le marché Américain par la Johnson Matthey Corporation. Acheter du Rhodium n’est pas une mince affaire. En tant que commodité, il n’est pas échangeable sur les marchés financiers. De même, l’acheter sous forme physique pour son investissement personnel s’avère compliqué.

Du fait de son extrême dureté, les techniques traditionnelles de frappage de lingots ne fonctionnent pas pour celui-ci.

A ma connaissance, il existe seulement une entité qui depuis 2009, a développé un procédé permettant de fabriquer des lingots de rhodium fin 999 : La Cohen Mint.

De plus en 2011, la Deutsche Bank a lancé un fond négocié en Bourse, soutenu à 100% par le rhodium physique.

Mais bien que ce métal ne possède pas un spot officiel, il reste comme tout les métaux précieux sujet à la folie de la spéculation !

Source : http://www.wealthdaily.com/articles/rhodium-investing/2507

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