De l’origine de l’Or…

18 novembre 2015
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Titillé par mes nombreux amis orpailleurs, je me dois de tenter d’éclaircir leurs idées sur l'origine de l'or.

 

L’une des qualités premières des chercheurs d’or, est la ténacité.

 

 

Avec obstination, ils poursuivent un parcours à la recherche de l’or dans la roche (origine « en place » selon leur terminologie) dans l’espoir de trouver la source des paillettes et pépites qu’ils découvrent. Manifestement, cette démarche résulte d’une part de rêve de découvrir la Caverne d’Ali baba qui éparpillerait avec parcimonie les étincelantes paillettes… L’histoire est peut-être moins romantique, parfois tout au moins car cette origine pourrait bien être très diffuse...

 

ABONDANCE TERRESTRE DE L’OR

 

Le clarke de l’or est inférieur à 0,05 g/tonne. Sa rareté est donc grande. On ne trouve pratiquement que le métal natif (valence 0) bien que l’or de valence +1 dans la nature soit connu (et aussi l’état de valence +3 en laboratoire). Puisque sa réactivité chimique est très faible, on ne le trouve qu’à l’état métallique (or natif) dans la nature. C’est l’un des rares éléments dont il n’existe pas d’espèce minérale dérivée, si l’on excepte des alliages (électrum) ou des combinaisons très rares comme l’aurostibite (AuSb2) ou la calavérite (AuTe2).

 

L’or appartient en fait au groupe d’éléments chimiques dont le caractère est sidérophile (aimant le fer, voir ci-dessous). Les éléments sidérophiles sont rares dans la croûte terrestre. Cette parcimonie fait que beaucoup d’entre eux sont des métaux précieux. L’irridium 77Ir est l’élément chimique naturel le plus rare avec seulement une teneur de 1 partie par milliard (en masse) ce qui est de l’ordre de 1 µg/kg.

 

On comprend mieux à quel point le dépôt d’iridium qui s’est produit suite à la chute de la météorite de Chicxulub ait pu marquer les géologues et les géochimistes. Il est impossible d’expliquer une origine endogène de cette couche d’une dizaine de centimètres. Nécessairement elle est issue d’une source extraterrestre. Rappelons qu’elle sépare les roches du Crétacé et du Tertiaire (symbolisé par le sigle KT), suite à la chute de la météorite tombée juste à la fin de l’épisode d’expansion de laves du Deccan qui sont responsables de la grande extinction des espèces il y a 65 millions d’années.

 

Graphe donnant le nombre d’éléments relatif à celui du silicium.

Les ordonnées sont logarithmiques.

La zone ombrée inférieure souligne la pauvreté en Rh, Ru, Pd, Re, Os, Au, Pt et Ir (le plus rare de tous. Te est rare parce qu’en plus, son hydrure est volatil. 

Les dépôts extractibles de ces métaux précieux sont le plus souvent le résultat de l’érosion des roches ultrabasiques. Cependant les gisements de ces métaux ne sont pas aussi concentrés que ne le laisse supposer leur abondance dans la croûte. Soulignons aussi le fait que leur concentration est inférieure de plusieurs ordres de grandeur par rapport à leur abondance solaire. Celle-ci est mesurée dans des météorites primitives, les chondrites de type CI. 

Que personne ne sorte ! Où est passé l’or reçu lors de l’accrétion de la Terre ?

Ici, il convient d’introduire quelques notions de chimie. On n’y échappe jamais. Lors de la longue dérive initiatique à cette science, j’ai eu l’occasion d’introduire la notion des agents minéralisateurs (éléments chalcophiles, avidité pour S) tel le soufre, aptes à extraire par exemple le cuivre des roches sédimentaires où il se trouvait disséminé. De même l’aspect lithophile (affinité pour l’oxygène) de certains éléments a été souligné pour expliquer la genèse des tourmalines dans les pegmatites.

   


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