Des pièces d'or et d'argent à la monnaie papier : l'Histoire de la Monnaie

05 octobre 2017
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Au temps des Romains, les poudres à lessiver n’existait pas et on se servait d’ammoniaque extraite d’urine fermentée pour redonner aux vêtements l’éclat du neuf. L’empereur Vespasien (69-79), soucieux de s’assurer quelques rentrées supplémentaires, leva un impôt sur les urinoirs.

 

Lorsque son fils Titus lui en fit le grief, l’empereur lâcha cet aphorisme resté célèbre: «pecunia non olet» (l’argent n’a pas d’odeur). Cet article vous présente les principales étapes de l'histoire de la monnaie. 

La monnaie primitive


Les Grecs et les Romains de la Haute Antiquité, réglaient leurs transactions en prenant le bœuf comme unité de référence (pecus en latin signifie troupeau, d’où le mot français « pécuniaire »). D’autres peuples utilisaient le sel, des coquillages, des perles et bien d’autres objets. Mais ce type de moyen d’échange s’avérait beaucoup moins indiqué pour les commerçants voyageurs.

Ces derniers avaient besoin de moyens d’échange partout acceptés, pas trop volumineux et, surtout, non périssables. Le sel était très prisé, appréciée et facteur de richesse, étalon de valeur et moyen de paiement. Au XIVe siècle, quarante barres de sel valaient une barre d’or. Le sel et le bétail ont laissé des traces dans notre langage. Salaire et solde font référence au mot sal (sel en latin), et le mot anglais fee (pourboire, indemnité) a la même racine que le mot néerlandais vee, qui signifie bétail.

Il s’agit là de monnaies dites primitives. La monnaie primitive a en effet survécu jusqu’il y a peu dans quelques régions du monde, par exemple sous la forme de fils de cuivre dans le centre du continent africain, ou encore de cigarettes en Europe occidentale durant la Seconde Guerre mondiale.

 

Les pièces de monnaie


A l’époque où la Chine créa sa monnaie, le phénomène apparut en Occident, plus particulièrement en Lydie où le Pactole et l’Hermos brassaient des sédiments précieux : un alliage naturel d’or et d’argent nommé électrum. La présence de petites quantités de métal vil comme le plomb et la variation du rapport or/argent (40 à 60 %) ne facilitait pas la détermination de leur valeur. On tenta de séparer les métaux. Les premières pièces d’or et d’argent firent leur apparition sous le règne de Crésus, dernier roi de Lydie (environ 560-547 av. J.-C.). 

L’usage de la monnaie se répandit ensuite largement en Perse, dont la darique d’or (du roi perse Darius) se hissa au rang de monnaie internationale.

Dans le monde grec, au VIe et au Ve siècle av. J.-C., les chouettes athéniennes en argent (tétradrachmes) dominaient le marché monétaire. Alexandre le Grand uniformisa la circulation avec le statère d’or aux traits de Pallas Athéna et le tétradrachme figurant Héraclès.

Sous ses successeurs apparut la monnaie à portrait : les dieux et déesses classiques furent bientôt accompagnés du portrait idéalisé d’Alexandre. Aux alentours de 305 av. J.-C., le souverain égyptien Ptolémée Ier Soter mit en circulation une série de pièces à son effigie. À Rome, Jules César fut le premier à apparaître de son vivant sur une pièce de monnaie.

 

Du bronze au cuivre, à l'argent et à l'or en poids et mesures.

Les premières pièces de monnaie romaines étaient des didrachmes en argent d’environ 7,5 g. Ce n’est qu’en 211 av. J.-C. qu’ils optèrent pour le denier (4,5 g) portant une Roma casquée sur l’avers et les Dioscures sur le revers. Cette pièce devint leur unité monétaire de référence et eut un succès considérable. Les monnaies romaines furent généralement d’un titre élevé en métal précieux. Les pièces en or atteignait 95 % ou plus. Sous la République, cette teneur élevée fut aussi d’usage pour les pièces d’argent. Mais elle se dégrada lentement sous l’Empire, pour revenir à son niveau le plus bas vers 270, avec un antoninien «d’argent» qui ne contenait plus que 2% de métal précieux.

 

Le papier monnaie


Les ancêtres du billet de banque, les certificats ou récépissés de dépôt, remontent à une époque bien antérieure au Moyen Âge. Ils étaient délivrés à des particuliers ou à des commerçants en contrepartie des métaux ou objets de valeur qu’ils remettaient au dépositaire. C'était une reconnaissance de dette de l’orfèvre ou de la banque pour des dépôts effectués par des clients. 

Le billet de banque proprement dit apparut au cours du XVIIe siècle. Il ne prit son essor qu’à partir du XIXe siècle. Il s’agit dans un premier temps d’émissions de banques privées puis de banques centrales.

  • En 1661, la banque privée Stockholms Banco émit, pour la première fois en Europe, des « billets au porteur» qui n’étaient plus entièrement couverts par un dépôt de métal.
  • À partir de 1668, la Rikets Ständers Bank, aujourd’hui Banque de Suède, créa des « billets de transfert » qu’il fallait d’abord faire enregistrer à son nom avant de pouvoir négocier. 
  • En 1694, la naissance de la Banque d’Angleterre apporta un début d’uniformisation dans un système de circulation composé de billets de banque et de billets d’orfèvres.
  • Le siècle suivant, l’économiste écossais John Law obtint du régent l’autorisation de créer une banque (Banque Générale, 1716) et d’émettre des billets, couverts non pas par des dépôts de métal, mais garantis par des terres. L’expérience fut un échec et la confiance du public envers cette nouvelle forme de monnaie en fut sérieusement affectée.
  • Née en 1822, la Société générale de Belgique (dite plus tard Société générale) mit à son tour des billets en circulation pour favoriser l’industrie nationale. Peu après l’indépendance, en 1837, ces derniers furent libellés en franc. D’autres banques obtinrent également le droit d’émission, en particulier la Banque de Belgique, la Banque Liégeoise et Caisse d’Épargnes et la Banque de Flandre.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, la circulation tripla, provoquant l'opération Gutt dans l'objectif du retrait et du remplacement des billets en circulation.

Dès 1946, la Banque nationale mit en circulation la série Dynastie, puis, à partir de 1950, la série Centenaire. La dernière série de billets en franc belge fut consacrée à des artistes ayant marqué l’art du XXe siècle.

Au 1er janvier 2002, douze imprimeries réparties sur l’ensemble de la zone euro – à l’exception du Luxembourg – avaient imprimé 15 milliards de coupures en euro, dont 6,6 milliards avaient été mis en circulation le 1er janvier 2002.

 

 

Monnaie scripturale et électronique


Les différentes formes de monnaie ont évolué au fil du temps. L’essor des technologies de l’information entraîne une informatisation croissante des paiements. Aujourd’hui, différentes formes dématérialisés de monnaie coexistent, dont la monnaie dite scripturale. Celle-ci permet de transférer des montants d’un compte bancaire vers un autre par un simple jeu d’écritures qui consiste à créditer un compte par le débit d’un autre compte.

Ces paiements peuvent se faire à partir d’un bulletin de virement mais aussi de manière électronique, au moyen d’une carte de débit, d’une carte de crédit ou par Internet. La part de la monnaie scripturale dans la quantité totale de monnaie en circulation progresse de manière constante.

Dans le cas de la monnaie électronique, le montant est retiré d’un compte et stocké sur un support électronique. Cette monnaie repose sur le principe du prépaiement : un montant est transféré par le client de son compte vers sa carte électronique, montant qui sera utilisé au fur et à mesure des paiements.

Cela fait bien longtemps que le téléphone portable a dépassé son rôle de simple téléphone pour devenir également un moyen de paiement... En outre, le Wi-Fi et l’Internet sont indubitablement appelés à élargir encore les champs du possible.


 

 

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