L’or reste une monnaie

24 septembre 2015
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Nous pensons savoir que l’or n’est plus une monnaie, parce que c’est ce que nous répètent sans cesse les keynésiens et les monétaristes.

 

L’or a été remplacé par les monnaies des gouvernements, que nous utilisons pour acheter et vendre, pour régler nos comptes, et payer nos impôts. Bien qu’il soit vrai que l’or n’est aujourd’hui plus utilisé pour finaliser des transactions ailleurs qu’en Asie, cette supposition très commune n’est basée sur aucun fait.

 

Il est une chose pour les macro-économistes de tous bords de théoriser sur le contenu de la corbeille de l’Histoire, mais ce sont les choix des individus qui importent vraiment. L’humanité a la capacité incroyable de s’adapter et d’utiliser comme monnaie ce qui lui est disponible comme ce qui lui est imposé. Bien qu’elle se soit adaptée et utilise les monnaies des gouvernements comme moyen d’échange, elle n’a pas toujours abandonné l’or en tant que devise et valeur refuge de choix.

J’écris cet article dans les confins paroissiaux d’un état-providence qui aujourd’hui est très loin de considérer l’or comme une monnaie. Les opinions du peuple à ce sujet sont sans doute similaires à celles des citoyens d’autres états-providence d’Europe, d’Amérique du Nord et du Japon. Les professionnels de l’industrie des finances qui ont étudié la macroéconomie et souscrivent de tout leur être au rejet de l’or en tant que marchandise sont en réalité très peu nombreux : à l’échelle du monde, ils ne représentent peut-être pas plus de quelques millions d’individus. Très nombreux sont ceux qui préfèrent ignorer le problème plutôt que l’affronter, ce qui dans un sens est aussi vrai pour la population qui bénéficie des aides et des dépenses gouvernementales.

Le système de l’état-providence, qui est basé sur tout sauf sur le marché libre, s’oppose au concept de monnaie saine. Les gens préfèreraient ne pas avoir à payer pour tous les services qu’il offre au travers de leurs impôts, et l’inflation de la monnaie et du crédit offrent une alternative de financement plus que pratique. Il est toutefois erroné de dire que les masses s’opposent à l’or. Il serait plus correct de les décrire comme n’ayant aucune opinion sur la question. Même les avocats de l’or occidentaux, qui représentent certainement autant de têtes que les macro-économistes précédemment mentionnés, perçoivent vaguement l’or comme une assurance ou un investissement spéculatif plutôt que comme une monnaie chassée de la circulation par la loi de Gresham.

La population combinée des états-providence n’est absolument pas opposée à l’or, et l’argument selon lequel le progrès de la pensée économique l’a réduit au statut de simple marchandise n’est pas valable. Ce n’est pas vrai en Amérique centrale ou du sud, où le dollar est perçu comme une alternative viable aux devise locales parce que les gens ont su s’adapter à ce qu’il leur était disponible. Ce n’est pas non plus vrai en Afrique subsaharienne, où une majorité de la population tire vit de l’agriculture de subsistance au sein de communautés tribales. Mais en Asie, où les civilisations sont traditionnellement attachées à l’or, l’histoire est bien différente.

Depuis des siècles, les individus, quelles que soient leurs origines, se rendent compte que les monnaies des gouvernements sont éphémères, et que l’or est la véritable monnaie. Lorsque la dévaluation d’une devise mène à son remplacement par une autre devise, les gens se débarrassent de leur monnaie en faveur de l’or. C’est vrai pour les Turcs, qui ont subi une consolidation de la lire à hauteur d’un million pour une en 2005. Selon Wikipédia, une nouvelle lire d’or pouvait à l’époque se vendre pour 154.400.000 anciennes lires de papier, et la nouvelle lire continue d’être dévaluée. Les agriculteurs indiens épargnent en or pour faire face à la dévaluation de la roupie au fil des années. Même les Chinois, après des décennies de communisme et le lavage de cervelles de la révolution culturelle, continuent d’accumuler de l’or en tant que véritable monnaie à épargner pour l’avenir.

Pour comprendre pourquoi beaucoup perçoivent encore l’or comme une monnaie saine, il suffit de se pencher sur le passé et d’observer ce qu’était sa valeur avant qu’il ne soit utilisé comme monnaie. Ceux qui ont déjà été au Caire et ont pu observer le masque de Toutankhamon sans pour autant ressentir d’admiration en sa présence sont certainement dénués d’imagination. Non seulement ce masque a surmonté les épreuves du temps, il est lui-même intemporel, et reste aujourd’hui identique à ce qu’il a toujours été. Parlez-moi de préservation de valeur.

Max Keiser m’a une fois raconté avoir participé à un débat pour la BBC sur ce sujet. Il a défendu l’or face à un économiste représentant le magazine The Economist. Après le débat, une fois les caméras éteintes, le jeune économiste s’est montré tout aussi intéressé que les autres de toucher le lingot d’or qui avait été apporté au studio à l’occasion du débat.

C’est là toute l’idée : malgré la théorie macro-économique et ce que les intérêts gouvernementaux voudraient nous faire croire, l’or a toujours fasciné l’humanité. La majorité des réserves d’or jamais produites sont encore disponibles aujourd’hui sous forme de bijoux et d’objets d’art. La longévité de l’or et sa fongibilité font de cet unique matériau la seule monnaie saine disponible à la race humaine.

Le refus de l’état-providence d’accepter ce simple fait, et sa proclamation de la supériorité des devises fiduciaires, les force peu à peu vers un désastre économique. Il a commis l’erreur de détruire une valeur humaine de base, qu’il ne pourra jamais supprimer. Les gouvernements asiatiques, qui pour beaucoup voudraient suivre cet exemple, se trouvent obligés de rester réalistes en raison des préférences de leurs peuples. Même les membres des gouvernements reconnaissent secrètement la supériorité de l’or, et comme pour le cas de la Chine, certains gouvernements incitent leur population à en accumuler.

C’est un sujet qui nous regarde tous, parce que le processus de création de capital est en déclin en Occident, et accélère en Asie. Il existe aujourd’hui quatre milliards d’Asiatiques, dont une majorité est directement ou indirectement impliquée dans l’union économique de l’Organisation de coopération de Shanghai, qui sont aujourd’hui devenus les plus gros épargnants et générateurs de capital du monde.

Les devises nationales vont et viennent, alors que les valeurs humaines subissent sans plier les épreuves du temps. L’adaptabilité de la race humaine lui permettra de continuer d’utiliser ce qu’elle trouve le plus utile pour finaliser ses transactions quotidiennes. L’heure de l’acceptation par les peuples d’une monnaie fiduciaire en échange de leur dur labeur touche à sa fin. L’impossibilité du remboursement de nos dettes, qui inclue le coût des aides sociales futures, commence à nous rattraper. Le besoin de dévaluer ces obligations commence à peser très lourd.

Quand cela deviendra évident aux yeux d’une majorité de gens, beaucoup commenceront à se faire une opinion de l’or. Les moqueries que subissent aujourd’hui les défenseurs de l’or finiront par être reléguées au passé, et le prix de l’or en devises nationales reflètera enfin ses qualités monétaires.


 

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